Feline II

L'histoire continue sur Feline II ! Toujours des mots, des rayures, de la musique et du chocolat... Enjoy :3

mercredi 9 avril 2008

On the Road again... again...

Il y a quelque chose d'assez nostalgique dans le fait de rouler la nuit, seule dans sa voiture. Tu viens de déposer ta pote chez elle, et tu te rends compte qu'à papoter tout ce temps, vous aviez oublié que la radio s'égosillait dans son coin. Alors, comme il n'y a que toi et que ta conscience se tait, tu remontes le son.
Bryan Adams, Orchestral Manoeuvre of Dark, Goldman et même Cocoon, les grands classiques tranquilles de la radio, tout y passe. C'est la radio, les mélodies ne te déplaisent pas, tu ne fais pas ta difficile. Et les notes s'égrènent, et les kilomètres défilent. Il n'y a personne sur la route, mais tu n'as pas peur, tu ne te sens pas seule, dans ta voiture. Après tout, tu ne te défends pas de la solitude. Est-ce un bien ou un mal - finira-t-elle par t'aimer ainsi -, tu ne sais pas, mais pour le moment, tu te sens bien. Et les notes s'égrènent, et tes pensées aussi.
Tu penses à la soirée que tu viens de passer. Elle était plutôt agréable. Rien de très long ; il n'est pas si tard. Puis tu penses un peu plus en arrière. La journée. Celle d'avant. Tu es sûre que l'essentiel t'échappe, pourtant tu n'y peux rien, tu ne peux repenser qu'à ce qui t'a vraisemblablement marquée. Bryan Adams chante Forgive me. Tu veux bien le croire. Tu te demandes à qui tu pourrais bien chanter les mêmes paroles. Tu te demandes même combien pleurent à cette heure-ci, contre combien qui rient. Toi, brusquement, tu te rends compte que tu fais comme à ton habitude : tu te tiens au milieu. Entre joie et larmes. La mélancolie s'entiche de toi aussi facilement que la lumière s'éteint. Tu ignores si ça te déplaît, alors même si tu es seule, tu hausses les épaules. Tu hausserais bien aussi la voix, pour chanter en choeur, ou réveiller celle dans ta tête, mais l'effort paraît trop grand.
Seule autorisée, la torpeur s'installe. Et puis, comment as-tu pu dire ça, ce jour-là? Avant-hier, pourquoi l'as-tu approuvé en silence? Tu sais bien que tu ne supportes pas ses petites remarques intolérantes et stupides qu'il croit sublimement intelligentes. Qu'aurais-tu pu dire? Un jour, peut-être, tu éclateras définitivement face à lui. Ca commence à venir. Bien ou mal? Oh, zut. Et cette semaine, tu t'es laissée approcher si facilement. Tu es loin d'être intéressée pourtant, non? Si. Ni par lui, ni par lui, ni par lui... Tu trouves à redire à chaque fois. C'est classique chez toi. Parfois, ça te fait un peu mal. C'est nouveau. N'est-ce pas inquiétant?
Tu en es là des murmures, des aveux, des regrets dans ta tête, et la mélodie s'arrête. Allons bon, voilà qu'ils se mettent à parler. Ca faisait longtemps. Tu ne tiens pas spécialement à subir les débilités débitées, tu changes de chaîne. Et puis encore.

Et puis "ALEXANDRIE, ALEXANDRA!" jaillit dans la voiture. Tu as fait un bond comme si Claude François te réveillait. Tu étais bien attentive à la route, mais ce n'est pas tout à fait faux. Claude François... Bon sang, ce type est autant une tache que les abrutis payés pour tergiverser maigrement - anorexiquement - à la radio.

Alors, tu éteins la radio. Tu n'es pas bien loin de la maison. Et puis tu chantes Vienna Teng, et tu n'as plus trop le loisir de te replonger dans tes réflexions, étant concentrée sur les paroles en imaginant le piano qui t'accompagne, et la route, moins droite. Pourtant, tu ne peux pas t'empêcher de ressentir ce besoin d'entendre quelqu'un te bercer sur ces quelques notes.

Il y a quelque chose de définitivement nostalgique dans le fait de rouler seule, la nuit. 

Posté par Gwendolen66 à 20:50 - . Vie d'une Gwen - Commentaires [2] - Permalien [#]



« Accueil  1